Vers une « simplification » d’accès au Livret d’épargne populaire (LEP) ?

Alors que le taux du livret A va bel et bien baisser en février, le gouvernement veut faciliter l'accès au Livret d'épargne populaire (LEP), a annoncé ce jeudi le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire

Rappelons que le LEP est un placement réservé aux personnes aux revenus modestes (voir tableau ci-dessous.). Il bénéficie d'un taux d'intérêt garanti et est exonéré d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Il est plafonné à 7.700 euros de versements (hors intérêts). Son taux est actuellement fixé à 1,25%. Il passera au 1er février 2020 à 1%, dans le sillage de la baisse à 0,5% du taux du livret A annoncée par le ministre mercredi.

source : www.economie.gouv.fr

"40% des Français y sont éligibles et il n'y a aujourd'hui que 7 millions de livrets d'épargne populaire qui sont ouverts", a-t-il indiqué à Sonia Mabrouk ce matin au micro d'Europe 1. Selon lui, les démarches à effectuer pour bénéficier du LEP  découragent les épargnants. Des démarches pourtant peu importantes, puisque l'épargnant doit pour ouvrir le livret présenter son avis d'imposition, démarche qui est à renouveler chaque année pour justifier de sa situation vis-à-vis de l'impôt sur le revenu. Il faut bien évidemment y penser, mais généralement le banquier est censé vous le rappeler, la procédure étant même assez automatisée à l'ère digitale.

Mais comme les Français sont un peu fainéants, papa Le Maire a pensé à leur simplifier la vie. "Je vais supprimer ces conditions, c'est-à-dire que les Français n'auront plus l'obligation d'aller présenter leur feuille d'impôt et de se représenter chaque année", a-t-il annoncé. "Il n'y aura plus besoin d'arriver avec des documents. (…) La banque pourra vérifier que vous êtes éligible au Livret d'épargne populaire et j'espère que tous les Français (éligibles) profiteront de cette simplification", a-t-il ajouté. L'administration fiscale "ne donnera pas à la banque la situation fiscale de la personne mais seulement si elle est éligible ou non", précise-t-on à Bercy. C'est donc beaucoup mieux qu'avant puisque jusqu'ici le banquier disposait de l'avis d'imposition dans sa totalité, la copie de toutes les pages étant exigée.

Toutefois le gouvernement cherche le bon moyen législatif  pour introduire cette mesure dans la future loi de simplification de l'action publique en cours de préparation, dixit Bercy. En effet, cette disposition avait déjà été introduite dans le projet de loi de finances 2020, mais elle fut retoquée par le Conseil constitutionnel comme "cavalier législatif", c'est-à-dire comme une mesure n'ayant pas de rapport avec le sujet du projet de loi. 

À suivre, donc. Même si on ne m'enlèvera pas l'idée de la tête que tout cela ne changera quand même pas grand'chose au quotidien des Français… en tout cas moins que la baisse bien effective celle-la, du taux du LEP.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *