Des envies d’autodafé

Puisque l'on évoque Camus sur le mur de L'Ambidextre, je reviens sur un truc qui m'a passablement énervé dernièrement. J'y reviens vite.
Il me semble qu'il y a des monuments auxquels on ne s'attaque pas. Camus en est un.
L'an dernier, par exemple, j'ai été agacé par les reprises toutes plus minables de la fameuse scène du Joker descendant les escaliers de Gotham dans le Bronx new-yorkais. Les parodies se sont multipliées, l'une des plus blasphématoires étant certainement celle réalisée par Alexandre Gigow, starlette éphémère d'Instagram. Tout le monde n'a pas le talent d'un José Garcia.
 
 

Avec le très ennuyeux Eric-Emmanuel Schmitt, on est encore dans un autre registre.

Ce dernier a commis un nouveau livre en septembre dernier. Son titre : Journal d'un amour perdu.
Jusque là rien de bien frappant.
 
En bon rat de librairies, j'ai voulu feuilleter son livre au moment de sa parution. Il m'est tombé des mains dès la première page. Que dis-je ? Dès la première  phrase… Était-il possible que j'ai rêvé ? Ou bien aurait-il osé ?
J'ai ramassé le bouquin par terre, et je l'ai rouvert pour m'assurer que j'avais bien lu…
 
Et là, les mots me brûlèrent encore les yeux. Ils étaient là, devant moi, comme les traces d'un sacrilège indicible :

 Avez-vous déjà ressenti des envies d'autodafé ? C'était mon cas en cet été finissant. J'ai reposé le livre face à l'envers et je me suis barré de la librairie. Il me fallait prendre l'air. Comment son éditeur, Albin Michel, a-t-il pu laisser passer ça ?

Alors, depuis, je regarde un peu les critiques louangeuses qui sont publiées ici et là. Pas une fois je n'ai vu relever la "similitude" avec L'Étranger de Camus. Aurais-je l'esprit tordu ? Vaste question.
 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *