Le dessin du jour : Faro

J'ai adoré le foot. J'en ai bouffé, des matchs. Les poteaux de Glasgow'76. Les confettis d'Argentina 78, avec ce but de Lacombe, l'un des plus rapides de l'histoire, évoqué alors par le journal de Tintin. Les larmes de Séville 82. Le haut-le-coeur de 86. Etc.

Mais aujourd'hui, même 1998, j'ai un doute. 2018, je ne sais pas. Cette équipe ne me plait pas. L'équipe et les joueurs, ces banquiers du nord, de l'ouest, du nord et du sud. Ce sport ne m'intéresse plus. Je n'en peux plus. Le fric a fini par tout emporter. Plus aucun plaisir à regarder un match, même de l'OL, c'est dire. Ces comptes d'épiciers m'épuisent. Quand je lis Pierre Ménez sur Twitter parler de tout cela comme s'il parlait de l'avenir du monde, cela me rend fou. 

Quand on était gamins, le football, on savait que cela n'était jamais que 2 x 11 gars qui couraient derrière un ballon pour marquer un but, pour notre plus grand plaisir. Aujourd'hui, les spectateurs sont les petits maillons d'une immense chaine qui en comportent bien d'autres, plus lucratifs qu'une petite entrée au stade. On est bien loin du Guy Roux courant après un ballon non rendu par les spectateurs d'un match de coup d'Europe au Stade de l'Abbé-Deschamps. Aujourd'hui, de nos jours, L'Équipe se penche sur le salaire des joueurs. C'est juste obscène.

Obscène, parce que collectivement nous le voulons bien. Pas uniquement lors des "campagnes européennes" plus ou moins longues de nos équipes municipales, mais aussi et surtout lors des Championnats d'Europe ou du Monde (oui, oui, je sais que l'on dit Coupe du Monde, mais c'était pour être dans la continuité du propos). Si collectivement nous refusions cet intermède soi-disant récréatif et joyeux, peut-être finiraient-ils par se rendre compte que cet univers ne vit que parce que nous avons accepté cet esclavage et que désormais nous nous en libérons ?

Je vous l'accorde, c'est vraiment long pour vous servir le Dessin du jour. Merci Faro !

Merci à Faro pour son aimable autorisation de reprise.

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