La photo du jour

Photo : Jean-Michel Mazin

Le site de la Plage aux Ptérosaures à Crayssac, dans le Lot, révèle, encore, des découvertes qui passionnent les scientifiques du monde entier comme ces trois nouvelles empreintes d’espèces jusque-là inconnues.

Une étude signée des paléontologues Jean-Michel Mazin et Joane Pouech paraît ce mois de février dans le journal scientifique international Geobios. Et à peine en ligne, la publication suscite déjà un grand nombre de réactions enthousiastes dans le monde de la paléontologie, certains n’hési- tant pas à qualifier cette découverte de « Holy Grail » (Saint Graal) de la paléontologie. Quelle est donc cette découverte qui enthousiasme les spécialistes de dinosaures et autres ptérosaures ?
Voici 150 millions d’années, à la fin du Jurassique, alors que le Bassin Aquitain était envahi par une mer chaude et peu profonde, la région de Crayssac se serait trouvée au fond d’un golfe calme. Sur ce littoral se serait étendue une immense vasière fréquentée à marée basse par de nombreux animaux : dinosaures, ptérosaures, tortues, crocodiliens, crustacés, etc. Tous auraient laissé leurs traces dans la boue, aujourd’hui devenue ce calcaire exploité dans les carrières de la région. Et ce sont ces traces que les paléontologues auraient mises au jour lors de leurs fouilles annuelles.

Depuis plusieurs années, quelques traces de pas d’un petit animal énigmatique narguaient les paléontologues, qui avaient bien une idée, mais attendaient d’en trouver plus avant de publier leurs observations. Puis ce fut la découverte de plusieurs pistes, longues successions de petites traces de pas laissées par des animaux guère plus grands qu’un rat. Plus de 500 empreintes de pattes avant et arrière, bien conservées, au point de pouvoir compter les doigts et de reconstruire leur anatomie. L’étude révéla que les coupables seraient des ptérosaures de la lignée des « Rhamphorhynchoïdes » petits reptiles-volants primitifs aux grandes ailes tendues de peau. On n’avait jamais vu les empreintes de ces petits animaux dont on aurait par ailleurs retrouvé les squelettes fossilisés, si bien que depuis qu’on les connaît, voici plus de 200 ans, les paléontologues se demandaient comment ils pouvaient marcher une fois au sol. À quatre pattes, sur deux pattes ? Ou pas du tout, certains pensant qu’ils ne se posaient jamais au sol ou vivaient sur les falaises comme certains de nos oiseaux de mer.

Cette énigme viendrait d’être levée sur le site de Crayssac. Les chercheurs y auraient  identifié et nommé trois nouvelles espèces jusqu’alors inconnues. Ils ont baptisé la première Rhamphichnus crayssacensis ce qui signifie « l’empreinte de rhamphorhynchoïde de Crayssac ». La deuxième a été nommée Rhamphichnus pereiraensis en l’honneur d’Antoine Pereira, l’ancien carrier-propriétaire, qui fit don de sa carrière pour la recherche. La troisième Rhamphichnus lafaurii est dédiée à Gérard Lafaurie, qui découvrit ce site à la fin des années 1980.

Source : La Dépêche

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *