Comment l’État et l’Église veillent sur leurs trésors dans le Cher

Propriétés des communes depuis 1905, les églises du Cher abritent des dizaines de milliers d'objets dont un millier sont inscrits ou classés aux Monuments historiques. Un patrimoine peu connu, et parfois fragile.

Le Berry républicain de ce jour consacre un article à ce sujet. Le conservateur des antiquités et objets d'art, Philippe Bardelot dans le Cher, pour l'État, et la commission d'art sacré, présidée par l'évêque de Bourges, Mgr Jérôme Beau, pour l'Église, ont chacun leur rôle dans la conservation du patrimoine des églises du Cher. Un patrimoine encore peu connu, parfois fragile, et extraordinairement varié. Une croix en cristal de roche à Ennordres, une croix de procession du XVIIe siècle à Sainte-Montaine, un reliquaire de la Sainte Épine à Orval, des tableaux du peintre berruyer Jean Boucher (1575 – 1632) à l’église Saint-Bonnet, constituent quelques exemples de cette variété.

Plus insolite, les cloches. Ainsi, l’une des plus anciennes cloches classées de France, sinon la plus ancienne, qui date du XIVe siècle, est à Sidiailles.

L'une des pièces les plus exceptionnelles est le banc d'œuvre de l'église de Morogues (ci-dessous), en chène sculpté. Récupéré par la commune au lendemain de la Révolution, il se serait trouvé à l'origine dans la sainte-Chapelle de Bourges, détruite en 1775.

À l'église de Cuffy,  l'ex-voto des mariniers de la Loire, une maquette de bateau qui était portée en procession le long du fleuve le jour de la Saint-Maurice, classée monument historique, a subi une opération de conservation d'urgence car elle présentait une infection d'insectes, et doit être restaurée, avant d'être installée dans une vitrine.

Connue pour sa collection de vêtements liturgiques, la petite église Saint-André, de Jussy-Champagne, abrite aussi deux imposants tableaux restaurés en 2017. 

Le Sacré-Cœur de la Vierge Marie, une huile sur toile de 1855

Propriété de l’État, la cathédrale Saint-Étienne de Bourges renferme également de belles pièces d’orfèvrerie, en plus de ses vitraux, de ses tableaux, de ses statues ou encore de son grand orgue.

L'inscription des objets qui présentent un intérêt régional, ou le classement, pour ceux dont l'intérêt se mesure à l'échelle nationale, ouvre des droits à des aides financières qui peuvent se cumuler, afin de les entretenir et de les restaurer. Un millier d'objets sont donc ainsi inscrits ou classés dans le Cher, mais la liste s'allonge régulièrement. Outre les collectivités, la Fondation du patrimoine, La Fondation pour la Sauvegarde de l'Art Français, le mécénat, comme la Fondation d’Entreprise Michelin et des associations locales apportent leur soutien.

Le conservateur des antiquités et objets d'art visite régulièrement les églises pour répertorier les objets, vérifier leur état, établir des fiches précises sur chacun. Il apporte aussi ses conseils en matière de sécurisation et d'entretien. La commission d'art sacré veille elle aussi sur ce patrimoine, et apporte son expertise sur l'aménagement liturgique des églises.

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