Le son du jour : Sharon Jones

Le son du jour, c'est celui de Gaëlle Nohant.

(On a essayé pour vous, contrairement à ce qui est indiqué sur sa notice Wikpedia, le site gaellenohant.com ne débouche sur rien)

Gaëlle Nohant, on lui doit La femme révélée, paru aux éditions Grasset, dont je vous ai déjà parlé sur L'Ambidextre. (Cette semaine, nous vous proposerons notre regard critique sur son dernier livre. Patience.) Mais bien évidemment, elle n'est pas l'auteure que d'un livre. On lui doit aussi L’Ancre des rêves, La Part des flammes et Légende d'un dormeur éveillé.

Il nous a semblé logique aujourd'hui que ce soit une femme qui nous propose le son du jour. Grand merci à elle d'avoir accepté notre invitation.

Mais laissons-la nous expliquer les raisons de son choix.

 

"J’ai choisi de vous parler d’une chanson qui fait partie de la « bande originale » de mon roman La femme révélée, et en est même un des morceaux clés. Il s’agit de This land is your land. Elle a été composée en 1940 par Woody Guthrie, chanteur et guitariste de folk qui était très engagé dans les luttes sociales, libertaire et pacifiste. Porte-parole des hobos, ces vagabonds de la Grande dépression, ses chansons protestataires ont inspiré les chanteurs engagés des années 60, comme Joan Baez, dont on peut écouter quelques morceaux célèbres dans ma playlist.

 

This land is your land questionne notre lien à un pays, à une patrie. Comme la poésie de Walt Whitman, elle célèbre la beauté d’un territoire américain dont la variété et l’immensité font écho à la diversité des origines et des histoires de ses habitants. Et les relie profondément. L’Amérique, comme la France, n’est belle que si « cette terre est aussi la tienne », à toi, l’étranger qui viens y ajouter ta différence qui devient sa richesse, le pauvre dont la vie est bataille, survie quotidienne. Une terre est belle si elle est ouverte aux vents de l’Histoire, à ceux qui arrivent chargés de leur mémoire, de leurs forces et de leurs fardeaux. L’histoire d’un pays se confond avec celle des vagues d’immigration qui l’ont peuplé, c’est une mosaïque de destins qui se fondent peu à peu, sans oublier leurs racines, dans le sentiment d’une appartenance commune. Ce qui nous rassemble. Ce que nous avons envie de créer ensemble.

 

La version que je vous propose n’est pas celle de Guthrie mais celle de Sharon Jones — chanteuse afro-américaine récemment disparue — qui lui apporte la chaleur de sa voix, sa tendresse et sa colère. Son tourment et son espoir. Sa sensualité, son énergie et sa grâce. Dans cette voix, j’entends l’amour et la lutte, le poing levé et le corps qui danse. Comme nous sommes aujourd’hui le 8 mars, je ne vois pas de meilleure façon de célébrer la journée de la femme.

"

Enjoy.

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Vous voulez faire plus ample connaissance avec Gaëlle Nohant ? Vous avez le choix :

– le replay du reportage qui lui a été consacré dans l'émission de Claire Chazal, Passage des arts, disponible jusqu'au 5 avril 2020 : c'est ici à partir de la 16ème minute. (Durée : 3 minutes, merci Claire…)

– une vidéo à ne pas manquer d'une heure environ sur la chaine Youtube de la librairie mollat : cliquez là.

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