Le dessin du jour : Christophe Girard

1964 : Jacques Anquetil et Louis Rostollan dans le brouillard dans les Pyrénées

Christophe Girard dans ses oeuvres. Il nous apprend qu'Anquetil pensait mourir dans cette étape et il disjoncte complètement. Rostollan va le tirer tout le long. Un exemple de fraternité et de camaraderie extraordinaire. Je reproduis ci-dessous un article de l'AFP paru en 2009 dans la Dépêche qui évoque cet épisode.

Christophe Girard nous confie qu'il a actuellement "de très belles planches sous la pédale". De là à conclure qu'il nous prépare un album en rapport avec le Tour de France, Anquetil ou Poulidor… il y a un pas que nous franchirions bien.

Pour l'heure, l'actualité c'est L'Affaire Zola, paru en fin d'année dernière chez Glénat. Un passionnant roman graphique, écrit par Jean-Charles Chapuzet et dessiné à quatre mains par Vincent Gravé (story-board) et donc Christophe Girard (story-board, dessin et couleurs). Vous pouvez découvrir un extrait en cliquant ici.

 

Poulidor se souvient du col d'Envalira, où il crut gagner le Tour en 1964

Raymond Poulidor, fidèle suiveur du Tour, se rappelle avec précision, 45 ans plus tard, de l'étape de 1964 qui passa par l'Envalira, première difficulté de ce samedi, où il crut gagner le Tour de France en profitant d'une peur irrationnelle de Jacques Anquetil.

"Il faut revenir au début de l'histoire… Un voyant avait prédit dans France Soir qu'Anquetil allait se tuer dans cette étape. Jacques était très superstitieux, il n'en dormait plus", raconte le Limousin, installé chaque matin au village départ du Tour, où il continue à 73 ans de signer des autographes et de se faire photographier au côté de ses supporteurs, deux générations après la fin de ses exploits.
 
La veille de l'étape étant jour de repos, Anquetil avait accepté de participer à un méchoui dans les environs d'Andorre. La presse de l'époque a raconté que la fatigue accumulée ce jour-là, pour oublier la prédiction, était à l'origine de sa défaillance.

"Non! L'histoire du méchoui, c'est de la légende", soutient aujourd'hui Poulidor, "Anquetil avait juste voulu passer la journée au frais à la campagne, et il avait eu raison".

Le port d'Envalira, comme cette année, était la première difficulté de l'étape, qui se dirigeait à l'époque vers Toulouse: "Pour moi, ce jour-là, il n'était pas question que j'attaque là, on était à 200 km de l'arrivée, j'ai juste suivi les Espagnols, on était en plein brouillard, quand on m'a dit qu'Anquetil était en perdition à l'arrière, victime d'une terrible défaillance".

À ce moment-là, Poulidor est virtuel leader du Tour, et s'envole vers un maillot jaune qui lui semble promis.

Derrière lui, dans la montée, Anquetil est paralysé par une peur superstitieuse. "Notre Anquetil, il est influençable, le pauvre! Alors il a gambergé", racontera son équipier Louis Rostollan, qui l'a attendu. Avant le sommet, Anquetil parle même d'abandonner. Rostollan le houspille: "Merde, souviens-toi que tu t'appelles Anquetil !"

L'orgueil piqué du champion fait le reste. Anquetil rejoint le sommet, et se lance à corps perdu dans la poursuite.

Poulidor a sa version: "Anquetil a été sauvé par le brouillard. Nous, dans la descente, on n'y voyait pas à deux mètres cinquante, on est descendu sur les freins. Lui, il a eu de la chance, tous les journalistes l'avaient attendu et il est descendu en suivant les feux arrières de leurs voitures. Il a pu rattraper les gars de l'équipe Pelforth, qui défendaient le maillot jaune de Georges Groussard, et ils ont roulé ensemble".

Anquetil chanceux. "Poupou" malheureux. "A 30 km de l'arrivée, on s'est retrouvé dans le groupe de tête", poursuit l'éternel second. "J'étais isolé, sans équipiers. J'ai eu un bris de rayon, je change de roue, le mécano en me poussant me fait tomber, le temps que je me remette en selle, les autres ont filé".

Devant, les Pelforth et Anquetil profitent même de l'incident pour attaquer. Ils sont aidés par la décision des voitures qui suivent l'échappée. Au lieu de doubler Poulidor, elles s'arrêtent derrière lui. Seul, sans l'aide des véhicules pour lui couper le vent, le Français est incapable de revenir dans le groupe. A l'arrivée, il accuse un retard de deux minutes et demie.

Plus tard, "Poupou" a de nouveau inquiété Anquetil dans ce Tour 64, dont l'image la plus forte reste la montée au Puy-de-Dôme des deux champions français au coude à coude. À Paris, le Normand a gagné le Tour avec 55 secondes d'avance sur Poulidor.

Source : La Dépêche

 

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