Le son du jour : Neurosis

Le son du jour, c'est celui de Gihef.

Sur sa page Facebook, Gihef se présente comme "Scénariste, dessinateur et branleur professionnel, à gauche et à droite." Cette ambidextrie, cela ne peut bien sûr que nous plaire. Sur son bleugue, pas actualisé depuis bientôt cinq ans (comme quoi il ne ment pas !), il se présente ainsi : "Bien qu’ayant passé son adolescence dans le sud-est de la France, Gihef est belge. Il est né le 27 mars 1974 dans la région de Charleroi. Passionné de musique, il envisage d’abord une carrière – aussitôt brisée dans l’œuf – de rock star. Mais c’est le démon de la bande-dessinée qui finira par avoir raison de lui." Son premier album, RIP Limited, en 2002 avec Jean-Christophe Derrien est publié chez un petit éditeur aujourd’hui disparu. Comme quoi, le titre d'un album, c'est rudement important. Un mauvais choix, et crac !

Suivent deux séries en compagnie du scénariste Joël Callède : Enchaînés (Vents d'Ouest) et Haute-Sécurité (Dupuis). Huit plus six, ça fait quand même quatorze albums en tout. Parallèlement, il s'essaye au scénario pour Eric Lenaerts, qu'il qualifie volontiers de "vieux compère". C'est vrai, Lenaerts, Belge lui aussi, a 9 ans de plus que lui. Cela donnera Mister Hollywood puis Skipper, co-écrit avec Joël Callède. Finalement, c'est décidé : il se consacrera désormais davantage au scénario. Je vous passe la suite. Pour arriver à notre époque contemporaine.

On annonce le lancement de la collection qu'il a créée pour Les Humanoïdes Associés : "Sirènes et Vikings", pour le mois de mai 2020. Il y scénarise deux albums : "Ecume de Nacre" – avec Marco Dominici au dessin, et "La Sorcière des Mers du Sud" – avec Livia Pastore au dessin.

Cela dit, j'ai fait exceptionnellement long, alors que la rubrique s'appelle le Son du jour. Alors, je lui cède le clavier. Il trépigne d'impatience de vous expliquer les raisons de son choix.

"Neurosis, c’est une rivière de lave qui consume en silence tout ce qui se trouve sur son passage. Une paisible menace.

Leur musique est une affaire de contraires et d’équilibre. On oscille sans cesse entre délicatesse et assauts de guitares apocalyptiques. En ce sens, c’est un groupe extrêmement atypique.

Présent sur la scène « metal » depuis plus de trente ans, ils constituent le renouveau d’un genre qui s’est maintes fois essoufflé, préférant miser sur les atmosphères, et la richesse de leurs compositions.

Guitares, percussions tribales, cordes, piano, effets sonores en tous genres, chaque album est un fantastique voyage à travers des émotions nuancées. Et ça, peu de groupes de « metal » en sont capables.

Le choix de ce morceau, Bridges,  n’est pas anodin. S’il n’est, à ce jour, pas mon favori, c’est grâce à lui que j’ai succombé au charme de leur musique. Il est assez typique de ce qu’ils font : atmosphère éthérée, soutenue par des percussions entêtantes, montant crescendo jusqu’au crachat soudain de guitares lourdes et assourdissantes… Avant de revenir à la sérénité.

La musique est la passion qui me dévore le plus. Je suis avide de découvertes, et me targue d’apprécier des genres aussi différents que le hip-hop ou le classique, pour ne citer qu’eux. Mais si je ne devais choisir qu’un seul disque à emporter sur une île déserte, ce serait assurément un Neurosis.

"

Enjoy.

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