Le son du jour : Kalyi Jag

Le son du jour, c'est celui de Vera Makina Császár.

Vera Makina Császár est née à Budapest, en Hongrie. Son père, qui était dessinateur, a été son premier maître et sans doute le plus important. Après avoir étudié la gravure et l’art graphique aux Beaux-Arts de Budapest entre 2004 et 2009, avec une parenthèse italienne à Macerata en 2007, elle s'est installée à Paris en 2012. Elle a travaillé pour Mondafrique.

En tant qu'artiste, elle recourt à graphite et acrylique, mélangeant styles réalistes et impressionnistes pour capturer l'essence et l'esprit de ses sujets. Et "c'est dans la faune, dit-elle, qu'elle trouve cette âme la plus apparente aux yeux de ce qui est vraiment sauvage". Elle est ainsi conduite à créer des œuvres sur de nombreux sujets et styles variés.

Aujourd'hui, elle dessine régulièrement pour le Canard Enchaîné et Lien Social, tout en continuant un travail plus personnel de peinture et de gravure.

 Pour mieux connaitre son travail, vous avez plusieurs options :

Pinterest : vcsszr – Instagram : veramakina – Facebook : veramakina.csaszar

Elle nous explique à présent les raisons de son choix.

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               J'ai choisi un morceau un peu anti-mélancolie, anti-vie sédentaire adapté à la période de confinement et d'enfermement. "Van egy pipám, egy kalapom" est une chanson du groupe Kalyi Jag, un groupe de musique folklorique rom hongroise.

Le texte est moitié hongrois – moitié romani. Voici ses phrases initiales : "J'ai une pipe et une chapeau, j'habite dans l'usine de brique… On peut savoir que j’habite là-bas, car mon chapeau est couvert de poudre de brique…"

J'ai toujours trouvé très amusante cette musique. Malgré toute cette poudre de brique mentionnée dans le texte, elle me donne une bouffée d'air frais et de pleine liberté, la sensation de pouvoir avoir des moments sans trop de soucis aussi au milieu de la misère.

Dans mon enfance, avec ma sœur et avec mes cousins, on a sauté-dansé beaucoup en écoutant les disques de Kalyi Jag. Mais ce qui me rend plus personnelle encore cette chanson, c'est l'impression de pouvoir donner un visage familier aux personnes dont elle parle. Mon père, comme beaucoup des jeunes dans les années 70-80, a tourné dans les villages et banlieues habités par des roms, en faisant des interviews, en se créant des amitiés et surtout en prenant plein des photos. Il a décoré alors ma chambre d'enfance avec ces photos noires et blanches, prises justement chez les familles vivant autour l'usine de brique d'Obuda. Elles sont devenues en quelque sorte mes colocataires pendant des années.

J'espère que cette musique (vous) donnera du bonheur aussi sans avoir des liens personnels, et j'espère qu'elle peut vous donner une aspiration à découvrir d'autres musiques hongroises, … et de se bouger un peu pendant ces temps-là…

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Tetszik.

 

Van egy pipám egy kalapom 

Van egy pipám, egy kalapom,

Én a téglagyárban lakom, jabadabadabadom,

Onnét tudják, hogy ott lakom, jabadabadabadom,

Téglaporos a kalapom!

Elmúltak a mézes hetek,

Asszony, mit csináljak veled, jabadabadabadom,

Szedd össze a sátorfádat, jabadabadabadom,

Látogasd meg az anyádat!

Én istenem, tégy egy csodát!

Anyósomból szarvasmarhát!

Kötelet is a nyakába,

Úgy vezessem a vásárba!

Megyek az úton lefelé,

Senki se’ mondja „Gyere bé!”

Csak az én kis feleségem,

Gyere bé te szerencsétlen.

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