Retour sur « La femme révélée » de Gaëlle Nohant

Je ne sais pas vous, mais personnellement, il est des livres que j'appréhende de lire par peur que le temps passe trop vite et de devoir les refermer. Il est des auteurs qui ont ce pouvoir de vous fasciner et de vous emporter dans le monde qu'ils ont imaginé, construit puis mis en mots. Avec Camus, cela m'a fait longtemps cet effet. C'est en tout cas ainsi que je m'explique le fait qu'il m'ait fallu 30 ans pour lire La Peste alors que j'avais dévoré tout le reste de sa prose. Et, là, étrangement, j'ai vécu la même chose avec La femme révélée de Gaëlle Nohant.

Tout cela a commencé début février dernier. J'ai parlé alors sur L'Ambidextre de cette rencontre qui eut lieu à la Librairie Pleine Lune, à Tassin-la-Demi-Lune, en banlieue de Lyon. Ce jour-là, j'ai eu la certitude que ce nouveau roman valait la peine de s'y arrêter. La façon dont Gaëlle Nohant en a lu les premières pages a été une invitation à poursuivre la lecture et à faire plus ample connaissance avec Eliza Donnelley, devenue Violet Lee par un tour de passeport. J'ai néanmoins mis du temps à entamer l'ouvrage, pourtant acquis le soir-même et dûment dédicacé… en mon absence regrettée, ayant dû quitter les lieux avant la fin, retenu par d'autres obligations.

Le style de Gaëlle Nohant lui est propre. Ses lignes savent nous faire sortir du quotidien de 2020, ce qui est d'autant plus appréciable en ces temps troublés. On voyage avec elle et son héroïne. On l'imagine à Chicago ou à Paris, où nous suivons sa trace et ses péripéties. On souffre avec elle, les mots nous la rendant étrangement familière. Le vocabulaire est riche sans être prétentieux. Si tout est bien décrit, cela est fait avec un art tel que l'on ne perçoit aucun étouffement balzacien. Non, on est vraiment happé sans avoir à relire trois fois une phrase ou un paragraphe pour être sûr d'avoir bien perçu ce que voulait dire l'auteure. On sent aussi que les faits rapportés sont le fruit de recherches et non d'une simple imagination folle qui rend parfois purement invraisemblables certains récits. Oui, là, nous sommes bel et bien à Paris, en 1950, les deux pieds dans cet univers sordide où a débarqué Eliza-Violet. La playlist proposée en fin d'ouvrage est un vrai "plus" qui permet d'accompagner la lecture pour mieux encore s'imprégner et se laisser porter. Disponible sur deezer ou Spotify, vous passeriez à côté de quelque chose si vous n'y prêtiez pas attention.

Il me tarde de lire les précédents ouvrages, dont il est aussi dit le plus grand bien. Tenez-moi au courant si vous lisez La femme révélée, ou dites-moi, si vous l'avez lu, ce que vous en avez pensé.

On trouvera ci-dessous toutes les références du livre, avec un lien pour lire les premières pages, ainsi qu'une vidéo où Gaëlle Nohant elle-même lit les toutes premières pages de son livre.

 
Format :141 x 206 mm
Pages : 384
Editions Grasset
Prix : 22.00€
 
 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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