Le son du jour : Eminem

Le son du jour, c'est celui de Stéphane Pétrier.

Nous avons évoqué à plusieurs reprises Stéphane Pétrier sur L'Ambidextre. Il a auto-publié fin 2018 son premier roman, Kill the dog. Dès les origines du groupe lyonnais Le Voyage de Noz, il en assume le rôle de chanteur. 36 ans plus tard, il occupe toujours le devant de la scène, alors qu'un certain turn-over a marqué l'histoire du groupe pendant toutes ces années. Christophe Simplex écrivait encore récemment "Sur les planches (…), le groupe ne triche pas, le spectacle est total avec des mises en scènes plus inventives les unes que les autres au milieu desquelles le chanteur se montre à son avantage. C'est ainsi, Pétrier est une bête de scène, mais pas que : c'est aussi un auteur qui plane des années-lumières au-dessus de la mêlée." Le fait est qu'il ne ménage pas sa peine lorsqu'il entre en scène. 

Les différents albums que le groupe a publiés valent la peine de s'y arrêter. Je m'adresse ici essentiellement à nos lecteurs qui connaitraient peu ou mal. Le site officiel du Voyage de Noz étant actuellement en maintenance, on peut aller faire un tour sur leur page Facebook, Le-Voyage-De-NoZ-Officiel, où l'on retrouvera de nombreuses vidéos, de même bien sûr que sur leur chaine YouTube.

Laissons à présent Stéphane Pétrier nous expliquer les raisons de son difficile choix.

"J’ai longtemps regardé le rap de la même façon que mes parents regardaient la musique que j’écoutais à 15 ans. Au pire avec mépris et condescendance, au mieux avec perplexité et incompréhension.
Et puis j’ai eu des enfants qui – à force de me bassiner avec leur musique – m’ont ouvert les yeux et les oreilles. Grâce à eux – et une fois dépassés mes a priori – j’ai découvert de vrais auteurs, des gens qui avaient de nouvelles choses à dire, et qui les disaient de façon nouvelle. Des gens qui faisaient sonner les mots – et d’autres mots – de façon différente. J’ai aussi découvert une énergie et une communion avec le public que je ne ressens plus que très rarement dans les concerts de rock.
Bien sûr, les valeurs véhiculées ne sont pas toujours les miennes. Bien sûr l’emballage – kalash, biftons, chaînes en or et grosses cylindrées – est souvent limite. N’empêche… Ça bouillonne d’idées, ça ne s’interdit rien ça vit, ça rage, ça provoque le bourgeois, ça choque les parents… Bref, ça fait tout ce que l’on a toujours attendu de la musique populaire depuis Elvis Presley ou les Stones.
Aujourd’hui, je ne suis pas loin de penser que les choses les plus intéressantes qui sortent musicalement viennent du rap, quand le rock me donne l’impression de ronronner doucement et de ne plus prendre le moindre risque artistique.

Avec Eminem, des risques je n’en prends pas beaucoup. J’ai choisi une valeur sûre, un ancien, le «grand frère» respecté par les nouvelles générations. Cette version live de «Lose yourself» enregistrée lors des Oscars 2020 est un moment de grâce. Et puis il y a ce mélange entre sweet à capuche, orchestre classique et VIP en smoking et robe de soirée totalement emportés par la prestation… Comme quoi ce qui semblait hors norme et scandaleux peut, vingt ans plus tard, devenir presque consensuel. Enjoy…"

Bon, eh bien, tout est dit !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *