Le son du jour : Arno

Le son du jour, c'est celui de Hardoc.

Avant de s'écouter un bon vieux morceau de hard-rock, il convient que je vous présente un peu Vincent Lemaire, des fois que vous ne le connaitriez pas. Vincent Lemaire n'est donc ni Maitre de conférences ni Expert-Comptable ni Chirurgien plastique. Non : il est un peu tout cela à la fois, puisqu'il est dessinateur et coloriste de bande dessinée. Il est né le 18 février 1975 en Picardie (pour les plus jeunes, c'est ce que l'on appelle les Hauts-de-France aujourd'hui). À Albert. Ses parents ont déménagé spécialement dans la Somme pour qu'il puisse précisément naître dans cette commune en hommage à Uderzo. Son destin était tout tracé. (Non, je déconne, c'est pas vrai du tout. Il est bien né à Albert, mais ses parents y habitaient déjà bien avant.) Ce qui est vrai en revanche, c'est qu'il est resté fidèle à la région. En 1996, il a reçu l’Écureuil d’Or, récompensant le meilleur jeune espoir au festival BD d’Angoulême. Sa rencontre avec  Régis Hautière va donner naissance à une association autour des métiers du graphisme et de l’écriture. Ils décident de travailler ensemble sur un premier projet de bande dessinée. Diplômé de la faculté des Arts du Logis du Roy, il s'illustre, c'est le cas de la dire, dans la série La Guerre des Lulus chez Casterman. Il travaille actuellement sur le septième tome à paraitre début 2021 aux éditions Casterman. Sa page Facebook   –   Son blog (plus actualisé depuis août 2017)

Mais venons-en à présent aux raisons de son choix. Il me souffle dans l'oreillette que ce n'est pas du tout un morceau de hard-rock. Bon, ben, ça ne sera toujours pas pour aujourd'hui…

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          J'ai choisi Arno avec "Mourir à plusieurs".
Certes, ce titre ne paraît pas optimiste, surtout en ce moment, mais c'est un titre très représentatif, je pense,  de l'univers d'Arno .
         Arno pose toujours un œil acerbe sur notre société et arrive toujours, dans une poésie brute et sensible, à traduire cela à travers un regard et une plume décalés.  
         Malgré tout, dans ce titre, j'y vois une once d'espoir, c'est-à-dire que nous sommes capables du pire comme du meilleur et qu'en reportant cela à cette période de confinement, la solidarité peut être plus importante que la bêtise, et que l'homme à besoin de l'homme pour vivre.
         En dehors de cette chanson, l'univers entier d'Arno me touche, car il n'a pas de barrière. Le chanteur aime faire des reprises de toutes époques, faire des duos autant avec des idoles des années 60 que de jeunes rappeurs. Il faut bouger son cul, tu vois le bazar, comme il le dit si bien .
         Bref, Arno me touche au cœur et au corps. Il me fait pleurer comme bouger ma masse assise de dessinateur au quotidien.
Je pourrais en parler des heures mais je préfère vous laisser écouter … D'ailleurs, je file m'écouter un bon vinyle illico presto. Tu vois le bazar ?

         Et surtout, prenez soin de vous  !!!

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Appréciez.

 

Mourir à Plusieurs par Arno

Des frigos, des multi-robots
Des huiles de vidange, des gaz à gogo
Des liquides toxiques pour bien qu'elle astique
Et du silicone pour être esthétique

Ça fait moins peur
De mourir à plusieurs
Avec ardeur, nous sommes nos fossoyeurs

Des anti-moustiques, des bonbons chimiques
Des plaques tectoniques ou la bombe atomique
Des sacs en plastique, des boissons qui piquent
Des armes automatiques dans les villes touristiques

Ça fait moins peur
De mourir à plusieurs
Avec ardeur, nous sommes nos fossoyeurs

Des hommes politiques super-fantastiques
Sans aucune éthique aux desseins tragiques
Des nostalgiques de la chaise électrique
Des frustrés cyniques qui règlent le cirque

Ça fait moins peur
De mourir à plusieurs
Avec ardeur, nous sommes nos fossoyeurs
Ça fait moins peur
De mourir à plusieurs
Ô quel bonheur ! Nous sommes nos fossoyeurs

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