Aujourd’hui, c’est mARTdi ! – Oggi è mARTEdì : Kasimir Malevitch

Aujourd'hui, c'est mARTdi !

Sonia Aloi nous propose chaque semaine un article consacré à l'art. Parallèlement au métier de dessinatrice, elle enseigne l'art et l'image dans les collèges et lycées. Aujourd'hui, elle évoque Kasimir Malevitch.

Les émotions que je ressens pour l'œuvre emblématique de Kasimir Malevitch "Carré noir sur fond blanc" sont pour le moins contrastées, mais le moment est venu de les affronter.
Habituellement à l'école, pendant les cours d'histoire de l'art, après avoir ensorcelé mes élèves avec la Renaissance, le Baroque, le Romantisme, glissant lentement vers l'avant-garde, ils se rebellent de manière bruyante contre cette œuvre. Et cela ne me dérange pas plus que cela, parce que je ressens exactement la même chose.
Après avoir admiré les compétences et les capacités d'excellents maîtres de l'art, il est difficile de métaboliser un tel travail. Mais j'ai décidé de lui donner une chance.
Malevitch crée le courant du suprématisme qui va au-delà de l'idée d'abstractionnisme absolu : il veut indiquer la suprématie de la pure sensibilité de l'art. La peinture ne doit pas être polluée par une quelconque référence à l'objet extérieur, ni par des objectifs politiques, religieux ou sociaux. Pour cette recherche de pureté, je dois être du côté de Malevitch ,malgré le fait que je sois une fervente amatrice d'art figuratif.
Même les titres de ses œuvres évitent toute référence évocatrice, contrairement à Paul Klee.
La même année où l'artiste publie Le manifeste du suprématisme (1915), il peint l'œuvre "Carré noir sur fond blanc". D'un certain point de vue, j'admire le courage d'éliminer toute sorte de masque et d'acrobaties stylistiques utilisés pour impressionner le public ou les clients. Un art nu et brut avec un message méprisant, presque violent mais sincère. Une œuvre créée pour enquêter et explorer l'essence profonde de l'art lui-même, l'âme.
Le carré est la forme géométrique dans laquelle tous les côtés et tous les angles sont égaux et cela est visible de tous les côtés sans changer de position. C'est le renoncement à l'inspiration pour redécouvrir l'absolu de l'idée pure et parfaite. Et c'est aussi la renonciation à la couleur, car le noir et le blanc ne sont pas des couleurs, ce sont seulement les extrêmes opposés. Dans la vie quotidienne, le noir et le blanc sont associés à des interprétations philosophiques, métaphysiques, spirituelles qui les amènent à être la représentation de la lumière et de l'ombre, du jour et de la nuit, de la paix et du tourment. La partie occupée par le noir est plus grande, le blanc l'encadre et ne fait qu'exalter son impénétrabilité. Les lignes du carré ne sont pas parfaites, tracées avec une règle, mais imparfaites et tremblantes ; la main de l'homme doit être perçue, elle ne doit pas être une forme lointaine et étrangère mais conduite par la pensée de l'artiste.
Ce qui semble être une figure géométrique banale, froide et un peu sombre est un visage, comme une sorte d'enfant royal vivant.

L'œuvre est souvent évoquée par les critiques, les historiens, les conservateurs et les artistes comme "le point zéro de la peinture", faisant référence à la valeur historique du tableau et paraphrasant Malevitch :
– "C'est à partir de zéro, en zéro, que commence le véritable mouvement de l'être."
– "Je me suis transformé en zéro de la forme et je suis passé du néant à la création, c'est-à-dire au suprématisme, au nouveau réalisme en peinture – à la création non objective".
L'état de détérioration considérable du tableau est dû à la négligence et au mépris du gouvernement soviétique, qui l'a entretenu pendant des décennies. Actuellement, l'œuvre exposée à la galerie Tret'jakov à Moscou, a une terrible apparence décolorée, pleine de fissures et de rayures, abandonnée dans les archives russes, comme beaucoup d'autres œuvres de l'avant-garde et jetée dans l'oubli complet sous le gouvernement de Staline.
Le "carré noir sur fond blanc" est exposé le jour de la mort du peintre dans sa morgue à l'endroit qu'il a choisi, dans sa chambre, pour le voir tous les jours. Et puis, à côté du cercueil comme Garibaldi, qui, sur son lit de mort, fit approcher son lit devant la fenêtre qui donne sur la mer, dans la perspective d'apercevoir la Corse. Après tout, chacun est à la recherche de l'infini ou de la mémoire, là où il croit voir le mieux.

Sonia Aloi

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mARTEdì di Sonia Aloi

Sonia Aloi ci offre un articolo dedicato all'arte ogni settimana. Oltre alla professione di designer, insegna arte e immagine nelle scuole medie e superiori.

Le emozioni che provo per l’opera emblematica di Kasimir MalevičQuadrato nero su fondo bianco” sono a dir poco contrastanti ma è venuto il momento di affrontarle.
Solitamente a scuola durante le lezioni di storia dell’arte dopo aver ammaliato i miei alunni con il rinascimento , il barocco, il romanticismo e pian piano si scivola verso le avanguardie gli stessi si ribellano sonoramente di fronte a quest’opera e la cosa non mi dispiace perché la penso esattamente come loro.
Dopo aver ammirato le doti e le abilità di eccellenti maestri d’arte è difficile metabolizzare un’opera del genere. Ma ho deciso di darle una chance.
Malevič crea la corrente del Suprematismo che va oltre all’idea dell’astrattismo assoluto, vuole indicare la supremazia della pura sensibilità dell’arte. La pittura non deve essere inquinata da alcun riferimento all’oggetto esterno, né da scopi politici, religiosi o sociali. Per questa ricerca di purezza mi tocca stare dalla parte di Malevič nonostante io sia un’accanita amante dell’arte figurativa.
Anche i titoli delle sue opere evitano ogni riferimento evocativo a differenza di Paul Klee.
Nello stesso anno in cui l’artista pubblica il manifesto del Suprematismo (1915) dipinge l’opera Quadrato nero su fondo bianco. Da un certo punto di vista ammiro il coraggio di eliminare qualsiasi tipo di maschera e acrobazie stilistiche adoperate per impressionare il pubblico o i committenti. Un’arte nuda e cruda con un messaggio sprezzante, quasi violento ma sincero. Un’opera realizzata per indagare ed esplorare l’essenza profonda dell’arte stessa ossia l’anima.
Il quadrato è la forma geometrica in cui tutti i lati e tutti gli angoli sono uguali e questo è visibile da ogni parte senza che mutino i rapporti reciproci. E’ la rinuncia dell’estro per ritrovare l’assolutezza dell’idea pura e peretta. Ed è anche la rinuncia al colore perché bianco e nero non sono colori, ne sono soltanto gli estremi oppositivi. Nella quotidianità il bianco e il nero sono associati ad interpretazioni filosofiche, metafisiche, spirituali che li portano ad essere la raffigurazione della luce e dell’ombra, del giorno e della notte,della pace e del tormento. La parte occupata dal nero è maggiore, il bianco la incornicia e non fa altro che esaltarne la sua impenetrabilità. Le linee del quadrato non sono perfette, tracciate con un righello ma imperfette e traballanti la mano dell’uomo si deve percepire, non deve essere una forma lontana e aliena ma generata dal pensiero dell’artista.
Quella che sembra una banale figura geometrica, fredda e un po' lugubre, per Malevič è invece viva ed è un volto, come una sorta di infante regale vivo

L'opera viene spesso evocata da critici, storici, curatori e artisti come il “punto zero della pittura", facendo riferimento al valore storico del dipinto e parafrasando Malevič:
-“È da zero, nello zero, che il reale movimento dell'essere comincia.”
– "Ho trasformato me stesso nello zero della forma e sono emerso dal nulla alla creazione, cioè, per il Suprematismo, al nuovo realismo nella pittura – alla creazione non-oggettiva.”
Il considerevole stato di degrado del dipinto è dovuto alla negligenza e al disprezzo da parte del governo sovietico che l’ha mantenuto per decenni. Attualmente l’opera esposta nella Galleria Tret’jakov a Mosca, ha un aspetto terribile, scolorito, pieno di crepe e righe, abbandonato negli archivi russi come tante altre opere dell’avanguardia e gettato nel completo oblio sotto il governo di Stalin.
Il "Quadrato nero su fondo bianco" viene esposto il giorno della morte del pittore nella sua camera mortuaria nel luogo che lui stesso ha scelto, nella sua camera, per vederlo ogni giorno. E poi, accanto alla bara come Garibaldi, che in punto di morte, fa portare il suo letto di fronte alla finestra sul mare, nella prospettiva che mostra la Corsica. Ognuno, in fondo, cerca l'infinito o la memoria, dove meglio crede.

 

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